La simplicité du mors n’est pas le seul critère : c’est le ressenti du cheval qui compte

Contrairement à ce que certains cavaliers ne connaissant pas le bit fitting peuvent penser, l’objectif du bit fitter n’est pas de proposer des mors « durs » pour plus de contrôle, ou de suivre les tendances du moment….

Ce n’est pas parce que l’ergonomie de certains mors est très différente des mors « simples » qu’ils sont plus durs, ou juste fantaisistes.

On entend souvent, « ça fait des siècles qu’on utilise ces mors basiques, donc pourquoi changer? »
Et bien, parce que cela ne fait pas SI longtemps que l’humain est en mesure d’innover et de créer du matériel dont l’ergonomie peut convenir à chaque cheval.
L’évolution et l’innovation peuvent avoir du bon !

D’ailleurs le mors le plus simple, à gros canons, peut être « dur » pour le cheval… parce que trop gros par rapport à la place disponible en bouche, ou parce que la répartition des pressions de ce mors si « simple » ne convient pas à ce cheval.
L’inconfort provoquera alors des défenses, ou des restrictions de mouvement plus subtiles à identifier (en fonction du tempérament du cheval) : soit le cavalier s’y habitue en se disant que le cheval a « toujours été comme ça », soit le cavalier réagit aux résistances du cheval avec une « tentation » de se tourner vers un mors avec plus de « contrôle ».

En tant que bit fitter professionnelle, j’ai choisi des modèles variés (simple brisures, double brisures, droit…), dans différentes matières, chez plusieurs marques (au moins 8) qui répartissent les pressions de manière très différente suivant les modèles, pour répondre aux besoins du plus grand nombre de chevaux. Et pour la plupart des modèles avec des anneaux libres, à olives ou verdun.

La simplicité du mors n’est pas le seul critère : c’est le ressenti du cheval qui compte, après la prise en considération de l’anatomie de la bouche.

Exemple d’une jument de compétition d’attelage travaillée aux longues rênes avec 2 différents mors à double brisure qui n’arrivait pas à se poser sur le mors et avoir un contact stable.
Avec un modèle en simple brisure ergonomique (diminuant la pression au centre de la langue et aux commissures), sa locomotion s’en est trouvée métamorphosée.
En sentant et voyant sa jument se délier et tendre sa rêne extérieure (longues rênes), le propriétaire s’est lui même relâché au niveau de ses mains.

Justement, certains diront que ce n’est pas un problème de mors, mais TOUJOURS un problème de mains. En vrai, c’est un tout, un cercle que l’on souhaite « vertueux » :

Il y a quelques années j’ai rencontré un trotteur en cours particulier qui arrachait les rênes en accélérant avec son mors à aiguilles, simple brisure à gros canons. Depuis toujours.
Cela inquiétait la propriétaire, qui avait tendance à réagir avec des actions de mains un peu soudaines, ce qui entretenait les défenses du cheval.
Avec un double brisure ergonomique (libérant les bords de la langue) à anneaux libres, le cheval a cessé d’arracher les rênes et la cavalière a pu travailler en ajustant l’action de ses mains.

Pressions en bouche acceptées par le cheval = confort = mental du cheval disponible = possibilité pour le cavalier de travailler sur sa confiance, son relâchement et sa technique.

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